Parade de déchêts !

Opération Baobab

Parade de déchets à Cahors, 30 novembre 2019

Le constat est triste mais la lutte est joyeuse !

Par Frida Capone

Le constat, ce sont les tonnes de déchets de toutes sortes, plastiques, médicaments, substances toxiques, que notre société de l’ultra-consommation vomit chaque seconde partout sur et sous la terre, dans les rivières et les mers et les océans. Les chiffres sont astronomiques et nous continuons à consommer des denrhées suremballées et gorgées de pesticides. Nous continuons à construire avec des matériaux qui épuisent nos ressources et contaminent la terre… Bref vous connaissez le tableau.

Nous étions une douzaine ce samedi de novembre, lendemain du triste Black-Friday, à défiler costumés en déchets sur le marché de Cahors. Parade de déchets menée par un clown élogieux, ironiquement fiers de ce que nous représentions, chacun dans notre habit d’emballages, de médicaments, de plastiques, de déchets de bord de route…Mi-humains, mi-déchets, « mutants » déambulant sans parole, croisant le regard ahuri des Cadurciens.

Et heureux de jouir de notre créativité, de notre droit à l’expression spontannée dans l’espace public, car la rue est à tous, la rue est à nous !

Cette aventure militante et artistique s’est montée en un petit mois, et seulement deux rencontres avant le grand matin. La première rencontre rassemblait une quinzaine de personnes pour réfléchir au type d’action à mener face à la catastrophe écologique que nous vivons. Fallait-il s’inscrire dans un mouvement mondial comme Extinction Rebellion, notre action entrant en résonnance avec celles de nombreux humains qui comme nous éprouvent le besoin d’agir ? L’utilité de se coller une étiquette ne fait pas consensus à ce jour.

Quand au mode d’action, pas assez « radical » ? Suffisament enthousiasmant pour la plupart qui se retrouvèrent pour une soirée de création de costumes, après une semaine de récupération de matières premières qui (malheureusement) ne manquèrent pas à l’appel. Des kilomètres d’emballages en plastiques se sont transformés en deux marionnettes géantes, pauvres continents de plastiques émergeant des océans. Des fourchettes en plastique se transformant en une coiffe de sioux, des sacs de ciments en costume de samouraï, des cannettes en carapace, des boites médicamenteuses suspendues à un parapluie comme miroir aux alouettes, des bidons et enjoliveurs de bord de route pour créer un costume de tortue ninja, le père Joël et sa hotte de jolis déchets, …

Nous déboulâmes donc un samedi de marché, parade bruyante et masquée comme au carnaval, organisée autour de mots d’ordre qui nous font nous regrouper, nous éparpiller, nous figer.

Aucun de nous n’a la charge d’expliquer ce que nous faisons là. Quelques complices échangent avec les passants, comme dans le théâtre de l’invisible.

Le ton du meneur de parade est joyeusement ironique :

« Le continent de plastique, la nouvelle destination de voyage pour tous … »

Ce jour-là les badauds étaient surpris, parfois dérangés, souvent déboussolés, mais finalement très généralement favorables à cette libre expression de quelques concitoyens.

Le marché était un lieu facile pour ce type d’action. La plupart de ses usagers sont déjà conscients que c’est en consommant des produits locaux non-transformés que nous réduisons notre empreinte sur le monde qui nous entoure.

La même parade dans un supermarché aurait sans doute reçu un autre accueil, un autre retentissement.

Ca sera peut-être pour une autre fois !

Et après ?

Et après nous y sommes déjà… Au moment où a été écrit cet article, on avait prévu une VELORUTION !…

14h : décorer et réparer nos vélos, départ 15h, puis soupe festive !

Et puis on s’est retrouvés confinés comme tout le monde…

Ca chatouille de se retrouver, d’investir l’espace public, d’échanger sur ce qu’on vit, ce qu’on vient de vivre, mélange de privation de liberté et de temps retrouvé, de réfléchir à plusieurs à l’après, …

Vous êtes intéressé-e-s ? Faites-vous connaître à cette adresse :

rosalie.titipompom@protonmail.com

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