Divine imposture

1- Esprit es-tu là ?

C’est comme ça, les religions ont toujours fait fortune chez les humains. Mais qu’est-ce qui peut bien induire ce besoin ?

A la réflexion, une évidence nous frappe : notre sixième sens en est la cause. C’est de lui que proviennent les rêves, intuitions, prémonitions qui nous tombent dessus à l’improviste, si criants de présence, comme chacun(e) en a sûrement quelque expérience. Et c’est là, fait troublant, qu’il peut nous arriver de croiser bien vivants d’aucuns de nos morts.

Ces rêves, provoqués ou non par des substances psychotropes, amenés par la transe du tambourin et de la danse, sont la base, le véritable outil des chamanes animistes. Et ils sont le lieu de retrouvaille des plus honnêtes de ceux qui ont « rencontré dieu », là aussi convoqué par l’orgue, l’encens, les cantiques, la recette n’ayant guère changé depuis quelques dizaines de milliers d’années, preuve de son universalité sinon de sa validité.

Bien sûr notre liberté est entière de les accepter ou les refouler, les rechercher ou les fuir puisque chacun en est le seul témoin.

L’homme moderne, fort de sa civilisation, sa science ou son dieu, les trouve plutôt dérangeants et inutiles, et préfère souvent les occulter, les oublier, quitte à avoir recours à la pharmacie et combler le vide en sous-traitant avec les professionnels de la littérature et du cinéma.

Mais aux temps préhistoriques, quand les connaissances étaient embryonnaires, les informations rares et pas très fraîches, les rêves étaient une source de certitude non négligeable.

On prit l’habitude, dans l’ignorance où on est d’ailleurs toujours de leur provenance, de les attribuer à un autre monde, celui des esprits.

Ne ris pas homme post-moderne, avec ton électronique embarquée – ton cerveau et ses ramifications – tu es le siège de phénomènes quantiques qui ne peuvent aller sans leurs propriétés : non localisation et apparente immatérialité, qui sont assez précisément celles desdits esprits.

Il y aurait là matière à creuser. En attendant, il suffit de voir la profusion de sectes et religions, et leur opulence, pour comprendre que le filon est largement exploité par les manipulateurs et les arnaqueurs.

2- Une religion universelle

Les études historiques, archéologiques, neuropsychologiques de ces dernières années(1) nous font voir que le chamanisme animisme a été la religion universelle de l’humanité : sur les cinq continents, l’art ( principalement les grottes ornées ) présente les mêmes symboles depuis la nuit des temps, assurément 40 millénaires(2).

Or cette religion avait des valeurs que l’on peut déduire de ce qu’il en reste chez les derniers lambeaux de peuples qui la pratiquent encore après des siècles de christianisation et islamisation forcenées.

Citons au hasard des trouvailles

« Religion pacifiste et écologiste qui ne hiérarchisait pas les humains »(3)

« Dans les sociétés traditionnelles, la chasse n’est pas un dû. Les chasseurs demandent usuellement à des êtres surnaturels l’autorisation de tuer, s’excusent, et remercient ensuite. »(4)

« Que ce soit une plante, un arbre ou un cerf, tuer est une affaire sérieuse qui requiert une préparation spirituelle. »(5)

« Lorsqu’une plante, un arbre, un animal doit être tué, le besoin doit tout d’abord être important. »(6)

« Un sentiment de parenté et d’amour pour toutes les formes vivantes. »(7)

« Lorsque nous, Indiens, chassons le gibier, nous mangeons toute la viande. Lorsque nous cherchons des racines nous faisons des petits trous ( … ) Nous n’utilisons que du bois mort … »(8)

« …l’écologie et la préoccupation environnementale font partie intégrante de la religion des Amérindiens qui de ce fait, adoptaient un mode de vie profondément respectueux du caractère sacré de tous les êtres vivants. »(9)

Tout ceci est manifestement très éloigné de notre culture judéo-chrétienne, mais c’est la loi qui a prévalu et imprégné les têtes durant les longs âges de la pierre : respect de toute vie pour ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Reconnaissons qu’un tel respect ne peut être que respectable.

Le mâle progrès allait balayer tout ça.

(1) sources : E. Anati « La religion des origines » éd. Pluriel, et J. Clottes et D. Lewis-Williams « Les chamanes de la préhistoire » éd. Seuil.

(2) Les immémoriales images paléolithiques ont cependant la vie si dure, sont si profondément ancrées qu’elles ont dû être recyclées. Ainsi les « Vénus enceintes », recousues par l’Église, sont devenues les Vierges à l’Enfant. Le « culte du taureau », suite des bisons, finit sa carrière avec les corridas, quoique le Veau d’Or se porte bien. La « main de Fatma » nous protège depuis les mains négatives et positives des grottes. Seul le dieu mâle et guerrier-et sa loi- a été ajouté.

(3) Fatou Diome « Les veilleurs de Sangomar » éd. Albin-Michel.

(4) J-P. Demoule in Documentation Photographique Mai-Juin 20017, p. 6

(5) (6) (7) (9) J.D. Forbes « Christophe Colomb et autres cannibales » éd. Le Passager Clandestin.

(8) Kate Luckie, femme-médecine de la nation Wintu, citée par J.D. Forbes, ibid.

3- Ça va saigner

Et advint l’Age du Bronze. Depuis le temps qu’on s’intéressait au cuivre, il fallait bien que ça arrive.

La poterie nous avait initié aux arts du feu, et permis de stocker les surplus d’une agriculture déjà plurimillénaire.

Ça avait mis en place des chefferies parmi lesquelles il put se trouver des gars assez riches, influents et entreprenants pour mettre sur pied les équipes de mineurs, charrons, palefreniers, charbonniers, forgerons, mouleurs, affûteurs, – sans parler des gens d’armes pour la sécurité – nécessaires à la production de ce nouveau métal.

Métal : mot d’origine grecque bâti sur les racines méta : autre chose, et allon : plus loin.

Oui, le bronze est bien autre chose que toutes les matières naturelles jusqu’ici connues, quant à sa dureté, sa solidité, sa capacité à prendre toutes les formes désirées et surtout par son incomparable, son terrible taillant.

Oui aussi, il fallait en faire du chemin (400 et bientôt 800 km depuis Sumer ) pour en trouver les minerais.

Mais ça valait le coup. Sa résistance a permis d’allonger la lame du poignard pour en faire l’épée. Qui s’aiguise jusqu’au rasoir et foudroie aisément son homme quand le bois, l’os, la corne, la pierre et même le cuivre meurtrissent, assomment, brisent un os, mais percent rarement.

L’épée qui, d’un geste élégant, tranche les cous, les discutions et aussi les nœuds gordiens(1), puis assortie à l’armure du même métal, te fait invincible et restera l’arme absolue jusqu’à l’invention du canon.

Croire que le bronze a profité à l’agriculture relève de l’angélisme. Une matière aussi précieuse était quasi réservée à l’armement, aux choses sérieuses. D’ailleurs l’araire était toujours de bois au Moyen Age. Deux exceptions cependant : la hache, qui est aussi une arme, et la bijouterie, mais frimer est une affaire sérieuse chez les humains.

Cette matière n’est pas naturelle. C’ est, par son génie, l’homme qui l’a créée. N’est-elle pas un peu surnaturelle ?

Pour l’obtenir il ne faut pas craindre de brutaliser la nature, creuser des mines, transformer les forêts en charbon de bois. Pachamama peut numéroter ses abattis.
Narcisse n’a plus à s’humblement pencher vers la mare, ni à chercher son image dans le noir du face-à-main d’obsidienne. Il peut enfin se contempler, nimbé de lumière dorée, dans son miroir de bronze poli, en pied s’il y met le prix.

L’humanité est maintenant partagée en deux portions inégales : ceux qui ont du bronze, de l’airain(2), et peuvent imposer la loi du même nom sur ceux qui n’en ont pas, le vulgum pécus, les pauvres couillons qui se retrouvent taillables et corvéables à merci.

Mais il y eut un point de résistance.

Merci à J-P Demoule  « Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire » éd. Fayard, et P. Routhier « Voyage au monde du métal » éd. Belin.

(1) nœud gordien : exposé dans un temple de la ville de Gordion (en actuelle Turquie), une prophétie affirmait que celui qui parviendrait à dénouer cet inextricable nœud se rendrait maître de l’Asie. Alexandre le Grand, passant par là en 333 AC, le trancha d’un bon coup d’épée. Petite tricherie bien obligatoirement excusable à un fils de roi entouré de son armée, mais qui affermit assez son prestige, son ambition et son moral pour poursuivre ses conquêtes jusqu’à l’Indus.

(2) airain : vieux mot apprécié des poètes désignant le bronze, première matière ayant permis d’imposer sérieusement la loi du plus fort. Larousse dit impitoyable ce qui est d’airain.

4- Et dieu dans tout ça ?

Les ambitieuses brutes sans scrupules qui s’étaient institué chefs de guerre ont vite remarqué que tuer les hommes pour les voler était de peu de rapport. Il était bien plus profitable de les faire trimer et cracher la richesse. Pour cela, la force armée ne suffisant pas vraiment à les subjuguer, ils voulurent se faire accepter en tant que rois.

Or en ces époques de la religion universelle, pour prétendre à l’autorité, fallait savoir y faire avec les esprits. Problème, ça n’était pas leur cas, on ne peut pas être bon en tout.

L’idée de nouveaux dieux a vite fait florès (dieux de la guerre, ça va de soi) et chaque roi bricola son dieu tutélaire dans sa cité, mais toujours sur le même principe : mâle, misogyne (les femmes ne comprennent rien aux affaires), hégémonique et à craindre.

Remarquablement à leur image.

Ils leur bâtirent des temples au palais, sous bonne garde avec le trésor, et invitèrent les hommes à venir y déposer leur offrande et reconnaître la suprématie céleste sur les esprits bassement terrestres, et que celui qui ne serait pas content ne le serait pas longtemps.

L’art qui jusqu’ici n’avait guère représenté que des animaux/esprits ne s’intéresse maintenant quasiment plus qu’à l’homme/dieu.

Sans quitter l’Age du Bronze, nous arrivons aux temps historiques. A la fin du 24ème siècle AC, Sargon l’ Ancien, grand conquérant et tout premier empereur, s’installe avec son peuple à Ur, au pays de Sumer. Il y apprécia l’écriture et la ziggourat, l’archétype de la tour de Babel. Les Sumériens envahis étaient très en avance sur leur temps.

En 2270 AC, son petit-fils Naram-Sin est le premier humain à être divinisé de son vivant. On est plein de ressource dans la famille, et c’est donc officiel, il suffit d’avoir assez d’arrogance et de métal pour être dieu.

Mais en 1833 AC les Elamites, des voisins avec qui ils étaient en bisbille depuis le début, renversent la dynastie. Le bien connu Abraham les trouve insupportables et préfère partir dans le désert à la recherche d’une nouvelle patrie, emportant ses troupeaux et son dieu.

Preuve que son dieu – le nôtre – n’est pas une mauviette mais plutôt sanguinaire et farouche, un ange doit, d’une poigne ferme et par bonheur, faire cesser la coutume de sacrifier ses enfants pour lui complaire dans les jours de doute.

Ce n’était plus de bonne politique dans le désert : sans armée, il fallait mettre un peu d’eau dans son vin.

5- La loi d’airain

Nous la connaissons tous et elle est toujours plus d’actualité. On la trouve dans la Bible, au tout début pour que personne ne puisse la rater. C’est la seule fois où dieu, qui n’est pas bavard, s’exprime au style (deux points, ouvrez les guillemets) à l’homme qu’il venait de créer, parachevant son œuvre.

Relisons-la (Gén I, 28)

« Croissez et multipliez, remplissez la Terre et soumettez-la, dominez sur tout… » ce qui bouge.

Regardons-y de plus près.

– Croissez et multipliez : il ne s’agit plus du simple maintien de l’espèce, comme exprimé par les Vénus enceintes qui englobaient toute vie dans leur désir de fécondité. Il faut dorénavant fournir de nombreux bras à l’économie et à l’armée et faire bloc opposable aux misérables mécréants. Dieu n’est résolument pas au courant qu’une croissance illimitée dans un lieu limité mène à l’explosion.

– Remplissez la Terre : on peut dire que c’est fait. Une deuxième couche peut-être ?

– Et soumettez-la : si on a bel et bien soumis ses autochtones, on reste irrémédiablement soumis à sa gravité et ses caprices. Mission impossible.

– Dominez : c’est exercer sa suprématie, qui inclut bien sûr le droit de vie et de mort. C’est le permis de tuer, la justification de tous les carnages ( chasse sportive des grands fauves, récréative des dodos puis du gibier d’élevage, intensive des bisons, phoques, baleines, éradication des nuisibles, négation de la souffrance animale, rien n’est épargné ), des guerres et de l’esclavage puisqu’on n’est jamais bien certain que les bougnouls ont une âme.

Notons bien qu’il n’est aucunement question de SE dominer, et que dieu a le bon goût d’aller se coucher pour un dimanche long comme une ère géologique, nous laissant seuls maîtres à bord et donc à la merci des moins scrupuleux d’entre nous qui deviennent fatalement les plus puissants.

Gabriel Garcia Marquez a bien vu la situation, faisant dire à un de ses personnages de « Cent ans de solitude » :

« …le diable était sûrement sorti victorieux de sa rébellion contre dieu et que c’était lui qui était assis sur le trône céleste, mais sans révéler son identité pour attraper les innocents. »

L’ancestral respect de la vie est caduc.

La nature n’a plus droit à aucune considération, et les affaires sont les affaires.

6- Le monde comme il va

Après ses débuts prometteurs à Ur, le dieu d’Abraham a connu une longue période difficile, en butte à ses confrères tout aussi impérialistes d’Égypte, de Babylone et de Rome. Seuls les Philistins ont fait les frais de sa volonté de domination, et sous leur appellation moderne de Palestiniens peuvent témoigner qu’il n’a rien perdu de sa vindicte malgré bien des déboires, déportations, pogroms et l’horrible Shoah.

Sa version chrétienne, par contre, a rencontré un succès merveilleux initié par Constantin Ier à Byzance – tiens, encore un empereur – converti en 312 : dieu lui aurait donné la victoire dans ses guerres indécises.

Tous les rois Germains des grandes invasions vers le Vème siècle se sont convertis comme un seul homme avec leurs armées en s’écriant « Soumettre et dominer, on sait faire ! », tellement soulagés d’échapper à leurs panthéons petit-bras et pinailleurs, tout en bénéficiant du concours d’une Eglise conquérante et organisée qui endort le peuple avec ses histoires de petit Jésus.

Pour booster la croissance, un pape (Anastase II en 498) décida de doter le fœtus d’une âme. Ca permettait de criminaliser l’avortement si néfaste à la natalité. Pourtant le mot âme provient du latin anima : le souffle, celui qu’on doit réclamer -et en criant- à la naissance.

Ainsi s’est bâtie l’Europe.

Ça a donné des idées à Mahomet qui ne voyait pas plus de mal à croître, soumettre et dominer. Ses amis de l’Hégire en 622 y étaient prêts. Un siècle plus tard ils règnent de l’Indus à l’Atlantique.

Ainsi s’est bâti l’Islam.

Avec l’Industrialisation (dès la fin du XVIIIème s.) dieu vient encore au secours du gros qui peine à écraser le petit. Par son bras financier, le dollar, elle proclame sur chaque pièce et billet qu’elle y croit ferme. « In God we trust » disent-ils sans rire. Eux leur fixette c’est la croissance, bien sûr sans omettre de soumettre et dominer, c’est si naturel.

La loi d’airain s’impose depuis au monde entier mais jalouse encore les tout derniers « sauvages » et leurs territoires d’Amazonie et de Bornéo.

Avouons que nous la pratiquons tous un peu avec nos insecticides, désherbants, tronçonneuses, et trop souvent dans nos métiers.

Nous mettons là le doigt sur la cause essentielle de la 6ème extinction en cours.

7- L’esprit des Lumières

Les religions n’aiment pas la Raison. Elles la disent orgueilleuse(1). En fait elle leur pose trop de questions auxquelles elles sont incapables de répondre, leur seul argument un tant soit peu convaincant n’ayant jamais été que la violence : allumer des bûchers, couper des cous ou au mieux ghettoïser et surtaxer l’infidèle.

Elles se complaisent dans l’ignorance, condition de la foi aveugle. Ce sont des émeutiers chrétiens qui ont mis le feu en 391 à la Bibliothèque d’Alexandrie et ses 490 000 rouleaux, somme du savoir antique. Et pour faire bonne mesure, toujours à Alexandrie alors très chrétienne, lapidé Hypatie en 415, une meuf qui, quel scandale, enseignait les maths(2).

Ils ne veulent pas se demander pourquoi la nature -Dieu comme l’appelait prudemment Spinoza- nous a pourvus d’une intelligence un peu performante, cette chose bizarre qui ne craint pas le doute et sait se remettre en question.

Mais pour rester dans la course aux armements les autorités ecclésiastiques ont bien dû supporter un minimum de science, fille vénale de la Raison, qui elle ne saurait se vendre sans se renier.

Par là a pu se faufiler l’esprit des Lumières -qu’on voit flamboyer parfois avec des Socrate, Spinoza, Voltaire, Einstein- toujours en recherche de Beau, du Bien, du Vrai, et vers lequel on ne peut que tendre sans jamais l’atteindre tout à fait.

Il a réussi à imposer sa devise « Liberté,Egalité, Fraternité ». Bon d’accord, elle tarde à être appliquée, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut l’abandonner. Il faudrait plutôt lui adjoindre « dans le respect de toute vie » ou quelque chose d’approchant qui y incluse la Terre que nous avons du mal à reconnaître comme vivante après les millénaires du règne de la divine imposture et de sa loi d’Airain qui a tant mis à mal notre perception de la vie.

Notre langue est claire sur le sujet : perdre ses esprits, comme perdre la raison signifie devenir fou.

Et si, laissant dieu dans son inexistence, nous reprenions nos esprits ?

A commencer par celui des Lumières.

(1) C’est plutôt la foi qui est orgueilleuse, inébranlablement crispée sur ses dogmes quelle que soit l’excellence des arguments qu’on lui oppose, alors que la Raison n’attend qu’une preuve indubitable pour changer d’avis, faire amende honorable et remercier qui aura fait avancer la recherche de la vérité.

(2) Merci à Ulf Danielsson « La physique racontée aux poètes et aux enfants » éd. Robert Laffont.

Auteur Anonyme.

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