ASSOCIATION FAÎTE ET RACINES (Corrèze)

Achetons collectivement des forêts menacées de destruction !

 

ASSOCIATION FAÎTE ET RACINES

 

PRÉSERVONS UN PATRIMOINE FORESTIER VIVANT :
RACHETONS COLLECTIVEMENT DES FORÊTS MENACÉES DE DESTRUCTION


L’association Faîte et Racines rachète des forêts menacées de coupe en Corrèze, pour préserver le milieu forestier, les écosystèmes et les paysages. Aujourd’hui, près de 60 hectares de forêts sont acquises ou en cours d’acquisition. Il s’agit pour l’essentiel de forêts de feuillus ou mixtes. Mais une part importante et croissante des forêts de nos contrées sont des plantations en monoculture de résineux, promises à la coupe rase. 

L’association Faîte et Racines poursuit sa démarche de rachat collectif de forêts menacées, y compris des plantations de résineux. Pourquoi s’intéresser également aux plantations artificielles ? L’objectif est de restaurer un écosystème riche et vivant à partir d’une monoculture, d’en faire un laboratoire pour expérimenter des modes de gestion durables. Comme dans un jardin où l’on voudrait favoriser une plante sauvage qui s’implante spontanément là où les conditions le permettent, un choix judicieux et limité d’interventions peut favoriser la biodiversité en permettant à d’autres essences de croître. L’enjeu est de démontrer qu’il est possible de faire vivre une alternative à la gestion industrielle de la forêt, de concilier la production de bois, la préservation des écosystèmes et la protection de notre patrimoine forestier. Par votre don, vous nous aidez à poursuivre notre combat en faveur des forêts vivantes. 

https://www.helloasso.com/associations/faite-et-racines/collectes/experimentons-la-foret-jardinee-1                             

QUI SOMMES NOUS ?

Nous sommes un groupe d’habitants et d’habitantes installé dans le sud de la Corrèze, autour de la vallée de la Dordogne. Nous sommes soucieux du territoire et de l’environnement fortement boisé qui nous accueille, conscients de la responsabilité et du rôle, même modeste, que nous pouvons y jouer.

Nous sommes frappés par la façon dont est exploitée la forêt autour de chez nous : coupes rases, déforestation, remplacement de la forêt mixte par des plantations en monoculture. Nous somme également inquiets des projets d’implantation des industries du bois-énergie (usine à pellets et chaufferies) qui participent à l’exploitation massive de nos forêts.

Des membres de l’association Faîte et Racines en forêt.

L’ASSOCIATION

L’association FAÎTE ET RACINES est née à Argentat-sur-Dordogne en juillet 2018 du traumatisme lié aux pratiques alarmantes qui saccagent nos arbres et nos espaces forestiers :

  • Campagne d’élagage des bords de route ordonnée en septembre 2017 par le conseil départemental de la Corrèze provoquant un désastre paysager : arbres, y compris centenaires, amputés ou abattus… et entraînant malgré eux des corrézien-ne-s sous pressions dans un processus de destruction de leur patrimoine (voir à ce sujet l’article https://reporterre.net/La-Correze-a-lance-le-massacre-des-arbres).

Face à ce constat nous avons cherché des moyens d’actions qui soient à notre portée. L’objectif principal de notre association est d’agir pour laisser un patrimoine forestier vivant et diversifié aux générations futures.
 
Les forets mixtes sont des écosystèmes abritant une multitude d’espèces animales, végétales et de champignons.

ETAT DES LIEUX 

QUE SE PASSE-T-IL EN FORÊT EN CE MOMENT ?

Aujourd’hui en France, l’Etat s’applique à formater la forêt pour l’adapter à l’industrie avec la complicité des lobbies du bois. Il incite les propriétaires à la coupe, encourage un mode de gestion forestière fondé sur une production sylvicole de masse lourdement mécanisée pour une rentabilité à court terme

L’Etat a engagé la privatisation de l’Office National des Forêts. Le financement de cet organisme est dorénavant lié à la coupe et à la vente de bois des forêts publiques. L’Etat envisage de vendre certaines forêts domaniales.

Nous assistons à une dangereuse intensification de l’exploitation de nos forêts à des fins industrielles, privilégiant une approche productiviste où les intérêts financiers prennent le pas sur la protection de l’environnement et les conditions de vie des habitant-e-s[2]

Sur le terrain, le paysage corrézien connaît un changement brutal depuis quelques années, surtout du côté de la forêt. Les haies et les arbres de bord de route sont massacrés, les COUPES RASES se généralisent, les forêts de feuillus rasées sont souvent replantées en monoculture de résineux ou bien laissées en friche. Restera-t-il de vieux arbres dans 5 ans ? Au rythme où ça va, il y aura des fourrés, des taillis jeunes, et des champs d’arbres plantés en ligne.


Coupe rase dans une plantation de pin Douglas (image : F.-X. Drouet). Plateau de Millevaches.

UN MODE DE GESTION DÉSASTREUX

La coupe rase est le mode de gestion forestière dominant dans notre secteur comme ailleurs. C’est une intervention qui consiste à abattre la totalité des arbres d’une parcelle forestière. Après une coupe rase, une forêt plantée ou en taillis se développe. Elle est constituée par un peuplement homogène, d’ une seule classe d’âge et en général d’une seule essence. L’avantage technique est de regrouper et synchroniser toutes les interventions sur une parcelle. De la plantation ou régénération jusqu’à la coupe définitive, les opérations ont lieu en même temps pour tous les arbres. Arrivée à l’âge d’exploitation, la parcelle est rasée et à nouveau préparée pour la rotation suivante.

La coupe rase entraîne la destruction totale du milieu forestier, une dégradation des sols, une atteinte au patrimoine paysager.

Coupe rase dans une forêt de feuillus. Les engins forestiers ont creusé de profondes ornières, causant une destruction irréversible du sol. Corrèze, 2019

LE BOIS-ENERGIE : ADIEU FORÊTS, FORESTIERS, BÛCHERONS, SCIEURS,…

Le bois-énergie est un secteur industriel en plein développement, qui consiste à produire de l’électricité ou à alimenter des réseaux de chaleur à partir de bois. Dans le contexte actuel où nos sociétés sont toujours plus gourmandes en énergie, nos forêts deviennent des gisements de carbone exploitables immédiatement, et non plus des espaces menés soigneusement des décennies durant pour produire des matériaux de construction.

L’exploitation forestière ne fait pas dans le détail. Pour alimenter la filière bois-énergie, tout est coupé, il n’y a plus de sélection et de tri des arbres, donc plus de travail artisanal de la forêt, ni du bois. Ce sont des métiers et des savoirs-faire qui disparaissent. Le bois de charpente ou de menuiserie ? Tout part au broyage. Les artisan-e-s du bois ? Place aux supermarchés du meuble jetable. Vous voulez laisser libre cours à votre créativité dans la construction de votre habitat ? Utiliser des bois courbes d’arbres abattus à la bonne lune ? Faire débarder ou scier quelques arbres de votre forêt ? Laissez tomber, allez en grande surface acheter des chevrons calibrés et traités

 

Coupe rase pour produire du bois-énergie (plaquette forestière, pellet). Les arbres sont broyés en vrac. Corrèze, 2019.
La transformation du paysage dans le secteur que nous habitons.

LES PROJETS DE L’ASSOCIATION

 
DES FORÊTS SAUVÉES DE LA DESTRUCTION
 
Nous pensons que la protection de notre patrimoine forestier passe par plusieurs actions complémentaires. Nous nous sommes lancés dans le rachat de forêts de feuillus à la fin de l’année 2018, et nous poursuivons cette voie. Dans le contexte actuel de ruée sur l’or vert, le prix de vente des forêts augmente et les industriels démarchent activement les propriétaires forestiers. Il nous est nécessaires d’avoir de la trésorerie d’avance pour être réactifs lorsqu’une opportunité se présente !
 
Une forêt mixte naturelle en cours d’achat par l’association Faîte et Racines.
 
 

UNE FORÊT POUR EXPÉRIMENTER UNE GESTION DOUCE

 En complément de ce premier volet, nous voulons créer et faire vivre une alternative à la gestion industrielle de la forêt. 

Relevons ce pari osé : rendons-nous capables de produire nous même nos matériaux de qualité, issus de forêts gérées respectueusement et durablement. Expérimentons une gestion douce en forêt ! 

Pour ce faire, nous voulons acheter une forêt adaptée à la production de matériaux. Les exploitants parlent de « forêt productive », par exemple une plantation de résineux promise à la coupe rase. Les plantations de résineux sont plus adaptées à l’exploitation : les arbres, de même âge et de calibre similaire, poussent droit et en rangs. Par contre, ce sont des déserts écologiques. Les sous-bois sont morts.

 
Une plantation de pin Douglas en cours d’exploitation au moyen d’une coupe rase. Le sous bois est nu et mort, il n’y a aucun semis ou jeune arbre. Corrèze, 2020.

TRANSFORMER UNE MONOCULTURE EN FORÊT JARDINÉE

Nous voulons expérimenter un mode de gestion qui ramène de la diversité et de la vie dans une plantation

A chaque intervention, une petite proportion des arbres est prélevée, ce qui conserve le milieu et l’ambiance forestière. Par exemple, il est possible, par une gestion soignée de la lumière, de prélever certains arbres pour permettre à des semis de feuillus de s’implanter. A nous ensuite de favoriser leur croissance, comme dans un jardin où l’on voudrait favoriser tel ortie ou tel pourpier qui s’implante spontanément là où les conditions le permettent. 

Ainsi, nous amorçons une diversification des essences, une régénération de la plantation, et une transition vers une futaie irrégulière [1] et un écosystème riche, à l’opposé de la monoculture ! 

Cette plantation de Douglas a été éclaircie par une tempête il y a 20 ans. La trouée de lumière derrière les grands résineux est investie par un fourré de jeunes feuillus. La régénération est spontanée, la plantation tend vers une forêt mixte. Une gestion écologique des plantations permet de mimer ce processus naturel. Corrèze, 2020.

 

Le prix de vente à l’hectare d’une forêt varie fortement. Il dépend de son âge, de son accessibilité et de sa nature. Le prix d’une plantation est supérieur au prix de vente des bois taillis de feuillus. Afin d’acquérir des ensembles suffisamment grands pour créer des continuités écologiques et/ou des espace d’expérimentation, nous souhaitons réunir 30 000 euros. Avec une telle somme, nous pouvons espérer acheter une forêt plantée de 5 à 20 ha. Par votre don, vous nous aidez à explorer une nouvelle piste pour poursuivre notre combat en faveur des forêts vivantes. Merci !

 

Vous pouvez adresser vos dons par chèque au 4, Place de l’Eglise, 19400 Argentat, ou bien donner en ligne en appuyant sur la touche verte « faire un don ». N’hésitez pas à nous contacter pour plus de détails, adhérer, nous rencontrer, prendre connaissance des statuts de l’association et être tenu au courant de ses activités.

 
 

 


[1] Futaie irrégulière : Forêt caractérisée par un peuplement d’arbres présentant tous les stades de maturité et d’évolution. L’exploitation en futaie irrégulière d’une forêt vise à respecter ses cycles naturels, conserver une diversité de peuplement, une structure hétérogène, et à favoriser la régénération naturelle des arbres

[2] En 2017, les personnes morales privées sont devenues les premiers acquéreurs de forêts, devant les particuliers. Les banques et assurances représentent 12% des achats. Source : Le marché des forêts en France, indicateur 2018. http://www.safer.fr/indicateur-2018-marche-forets-france.asp

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